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Philippe Lambert bienheureux migrateur

rue des Champs, 6, Grass, Luxembourg
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Petit tour d'Europe à vélo et en randonnée au grès des saisons

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ETAPE 19 : Turin (Italie) – Figari (Corse) du 09 octobre au 15 octobre 2016 – avec Dominique Dimanche 09 octobre 2016 – Turin De retour sur mon voyage. Quel bonheur ! Je suis super heureux pour plein de raisons : je fais cette étape avec Dominique, notre perpétuel voyage de noces, je fais cette étape sur deux pays (Italie et Corse), deux pays merveilleux d’accueil et de chaleur humaine, d’une culture si typique à une saison idéale pour avoir 20°c à vélo. Je me plais tellement bien en Italie que j’ai commencé les cours du soir d’italien à Arlon au cours de promotion sociale. Je ne regrette qu’une chose, c’est de ne pas avoir fait la même chose avec l’espagnol l’année dernière. J’ai effectivement roulé 2.700 km en Espagne sur 27 jours de vélo plus les allers-retours avion, donc j’ai passé presque 35 jours en Espagne alors je me débrouille à l’hôtel, au restaurant (je ne mange plus deux desserts mais bien du poulet avec des pâtes que j’ai choisis). Les cours du soir apprennent du vocabulaire, de la grammaire et mon voyage apporte la pratique et surtout l’envie et la culture. Alors cette année, je le fais pour l’italien car je vais passer 5 semaines sur l’Italie, la Sardaigne et la Sicile. J’ai déjà fait 3 semaines de cours et ça me plat vraiment car déjà, c’est beaucoup de personnes qui veulent de la pratique pour les vacances. La professeur est belge (pourtant jolie comme une italienne) et a fait un Erasmus. Elle connaît bien la culture et l’endroit de son voyage. Bon l’Italie, on devrait dire « les Italie »s tellement elles sont diversifiées ces régions. Un exemple : vous voulez manger un spaghetti, vous pensez un spaghetti bolognaise. Oui mais ça c’est dans la région de Bologne. A Naples, c’est la sauce Napolitaine, à Bari, c’est la sauce de Bari, etc … Il y a donc plus de 15 sauces différentes pour accompagner vos spaghettis. En plus en parlant avec ma prof à Arlon, elle trouvait mon voyage tellement original et tourné sur la relation humaine que je pense qu’elle voudra que je fasse une présentation en italien des régions traversées. Notre cours est très participatif et donc « adultes » sans étudier simplement du vocabulaire. Il faut dire que l’italien est partout dans notre culture : gelateria, pizza, ciao, etc … Nous passons l’après-midi à visiter à pied Turin (Torino) dans son piétonnier et son marché. Il fait froid 11°c mais en bougeant, c’est bon. Difficile pour Dominique de se réchauffer. On passe dans un bar à cafés. C’est super sympa ces bars à cafés. Ils sont tout petits( 4m sur 6 m), il y a 4 serveurs au bar, 2 tables (pour les touristes car tous les italiens restent debouts au bar) et il n’y a que des dérivés du café. Ne demandez pas une limonade, ça n’existe pas dans un bar à cafés. C’est vraiment la culture italienne ! Après un bus de l’aéroport pour le centre-ville, notre balade pédestre fraîche, nous reprenons le métro pour rejoindre le bus du sud pour Poirino chez Pietro. C’est un village de 10.000 habitants à 25 km au sud de Turin. Pietro nous attend et quel accueil ! Comme d’habitude, les trois semaines de repos en Belgique lui ont permis d’aller voir mon site internet et il trouve mon concept de voyage extraordinaire. Il parle français très très bien et nous explique que le patois local de Turin est très similaire au français. Il est super accueillant et me propose de repasser à Rome chez ses enfants en 2017. Le rendez-vous est pris. Dominique est impressionnée par la qualité relationnelle que j’ai avec lui tellement nous semblons être amis depuis des années. C’est vrai que comme il travaille la nuit, on a tout son appartement pour nous au cœur de la partie historique de ce village. Tout à l’heure, Dom me disait : « Dans Turin en fait, tu vas au feeling dans les rues ? » Mais pas tout à fait comme je suis venu il y a trois semaines je sais où est le bus, la gare, l’aéroport. Mais elle n’a pas tout à fait tort car on ne peut pas connaître une grande ville come Turin en un passage. Super première journée avec Dominique. Lundi 10 octobre 2016 – Poirino - Ceva Après les préparatifs des sacoches et l’équilibrage des vélos (j’ai pris tout le lourd pour économiser les jambes de Dom), on part sous le soleil (pas chaud mais soleil). Les petites routes nous écartent des grands axes et on évite aussi le relief en longeant les vallées. Plus long mais assurons les petites cuisses de mon amoureuse. Nous sommes en Piemonte, une région de montagnes bien connue pour sa célèbre course de ski alpin. L’altitude varie entre 3.000 et 3.500 dans cette région des Alpes au sud de la région d’Aoste qui elle mène au sud du Mont Blanc. Au sud de Turin, c’est la plaine jusque la région de Ligura, région côtière de Nice, Gênes, la Spezia. Suivant les conseils de Pietro, nous contournons le relief car de toute façon, comme nous avons deux jours pour atteindre Savone pour le ferry, on est cools. Bon, pour le dénivelé, je sais qu’on passera un 800 mètres mais l’essentiel est surtout de ne pas en faire 10 en deux jours mais d’après Pietro, c’est raisonnable. Pour nos deux jours, on a un vent de dos. Ca c’est cool mais, par contre, pour ceux qui suivent sur la carte … le vent de dos signifie un vent du Nord. Alors, en Belgique le vent du Nord est froid mais ici, c’est le sud des Alpes et nous sommes en Italie et particulièrement en Piemonte, encerclés par les Alpes donc le vent a le temps de devenir glacial. Honnêtement, de Turin, on monte tout le temps un peu pour atteindre notre col de 800 m mais si on devait venir de Savone pour rejoindre Turin, ce serait horrible ce vent de face si glacial. Après une petite pause où on a mangé des pâtes … (étonnant !) on reprend pour une distance de compromis, 84 km mais on s’arrête avant le gros dénivelé. Aujourd’hui, on a mangé 3 fois des pâtes : à 12h00, à 16h00 et à 19h00. En fait, pour les italiens, les pâtes c’est une entrée (« primi » comme ils disent). Ensuite (« secondi ») c’est vraiment le plat avec les légumes et viande. Une autre façon de manger mais ce n’est pas comme nous qui, optionnellement, prenons une entrée. Il faut leur laisser, les pâtes sont bonnes … al dente et à n’importe quelle sauce. Tout à l’heure, j’ai mangé des pâtes au marcassin, c’était délicieux. Nous dormons dans un hôtel pour routier à l’entrée de l’autoroute (du péage de l’autoroute). Le souper est très typé « camionneur » : gros malabares solitaires. Dodo ne voudrait pas être seule à l’hôtel ! Mardi 11 octobre 2016 – Ceva – Savone (Italie) 11h00 ! On a dormi 11 heures. Comme notre chambre est sur l’arrière, pas de bruit, pas de réveil et petite distance alors (« alora » comme disent les italiens) on a dormi 11 heures d’affilées. Le programme est léger en km mais inconnu en dénivelé aujourd’hui : 44 km et au moins un col à 754 m. Le vent de dos est encore plus froid. On arrive progressivement au col, tournant après tournant, le vent de dos (vers le sud), et puis le vent de face (vers le nord). La température corporelle monte et demande quelques arrêts d’une minute ou deux pour ne pas trop transpirer car les kg sont là. Dodo grimpe bien, à son rythme, elle se ménage pour demain car ce sera notre grosse journée après le ferry pour rejoindre Delphine notre warm-shower de la haute Corse près de Corte. Elle mange régulièrement, s’hydrate bien mais me fait bien rire avec toutes ses couches de vêtements. Il n’y a pas beaucoup de circulation mais le vent du nord nous perce les os. Au col, il y a 5°c le 11 octobre mais le ressenti avec le vent du nord est terrible pour moi car je suis toujours en short et sans gant. Bon allez, on ne traîne pas pour descendre et gagner des degrés … 0,6°c par 100 m d’altitude et surtout arriver à la mer pour avoir un ciel dégagé. On le voit à l’horizon, les nuages sont plus blancs. Lorsqu’on traverse un long tunnel dans la descente, on se réchauffe mais quel choc à la sortie du tunnel. 800 m de D- comme descente, super et régulier. Arrivés à Savone, on va vite boire un thé pour se réchauffer. Et bien, les italiens laissent les portes ouvertes. Ca fait courant d’air. L’endroit où j’ai le plus froid est ma cheville gauche en plein dans le courant d’air. Tout compte fait, c’est encore en roulant que j’ai moins froid. Comme j’adore aller chez le coiffeur en vacances et que nous avons le temps, je vais aller m’y réchauffer. Elle est bien sympa et n'a pas vraiment remarqué que je ne comprends pas tout. Cette nuit, nous la passerons sur le ferry et sous la couette. Demain Bastia et 20°c : YES !! Mercredi 12 octobre 2016 – Bastia – Sainte Lucie (Corte) Il est 07h00 du matin, le ferry arrive au port de Bastia. Nous sommes rassurés sur nos tenues : il fait déjà 20°c mais tout noir. Il est vrai qu’à cette date, suivant les parallèles et les méridiens, les jours sont différents avec leur clarté. Comme l’année dernière en décembre au Maroc, la meilleure solution est de ne plus regarder la montre mais seulement le soleil car 100 km plus au sud ou 100 km plus à l’ouest n’ont pas la même influence au fur et à mesure des journées par rapport à la lumière du soleil. Nous allons donc commencer la journée par un thé en attendant le lever du soleil en arrivant à Bastia ? Ensuite, c’est plat, une petite bosse de 250 m D+ et puis progressif jusque Corte à 800 m (4 km avant dans un village de montagne cher une warm-shower, Delphine). Suivant son livre d’or du site, l’arrivée est costaud mais avec une vue exceptionnelle … surprise surprise. La sortie de Bastia est comme toutes les villes, peu adaptée aux vélos. Bon, il est vrai que certaines places de la ville sont super sympas. On penserait que la ville est plate vu qu’elle est au bord de la mer mais non il y a du relief à Bastia mais ce n’est pas Biarritz. Il y a beaucoup de circulation car c’est un axe principal qui sort vers le sud. A deux reprises, la route est interdite aux vélos mais sans alternative. Dans le journal local, on a lu un article comme quoi les commerçants de Bastia demandaient une piste cyclable. Il y a de l’espoir ? Au sud, on est tombé sur une manifestation (encore une ! ben oui on est quand même en France) mais c’était les étudiants qui brûlaient des palettes en bois et des pneus. Bon, après 20 km on commence la montée car on a 1500 D+ aujourdh’ui. Le début s’annonce « Corse » et puis se calme. C’est déjà très beau et sauvage. Pas trop de circulation et les souvenirs du GR20 en juin 2015. Ce sont les vallées que nous suivons, nous les devinons au rythme des tournants faisant presque un pari de deviner sur quelles bosses nous serons derrière le tournant. Les routes sont toujours au fond des vallées mais doivent passer les cols alors à chaque tournant on essaie de deviner où sera le col, s’inspirant des informations de la carte avec là de temps en temps des côtes d’altitude une rivière à suivre ou à remonter. C’est un jeu d’utiliser le peu d’informations disponibles, de deviner que le camion semble monter en arrivant dans le tournant, que le fil électrique va redescendre mais ne suit plus la route. A midi, pause pâtes dans un petit restaurant super bon, avec des pâtes aux fromages corses et aux épices. Batteries rechargées, Dodo est d’attaque, pleine d’énergie. Et il en faudra car la fin est raide. 9 km avant Corte, nous quittons la grand route pour les chemins aux balcons et grimper, grimper ! Super beau. Dommage pour les photos avec tous ces nuages collés aux sommets et qui descendent de plus en plus. Comme la température d’ailleurs, Delphine nous rejoint chez elle à 19h30 … Aïe ! Mais il fait noir à 18h45. Alors on monte et on attendra là-haut dans le froid. On visite le village, fait des photos et puis on s’installe à côté de l’abreuvoir. Ah ! Elle arrive ! Super car on commençait à se les cailler. Incroyable la maison de Delphine ! En travaux et fraîchement avec de l’électricité et de l’eau chaude. Bon l’eau chaude, je n’en ai pas eu mais c’était rapide. Allez dodo dans le sac de couchage et on se réchauffera vite. Delphine est une engagée pour les chauves-souris et ne vit vraiment pas de grand-chose. Elle grimpe, randonne et vit en Corse depuis 20 ans. Elle n’est pas corse donc peut être objective sur les corses. Le point le plus négatif, d’après elle, c’est qu’ils sont tous armés mais très sympas. Jeudi 13 octobre 2016 – Sainte Lucie (Corte) - Travo Nous hésitions sur notre itinéraire et voulions suivre les bons conseils Delphine, notre warm-shower corse pour rester en altitude et en balcon le plus longtemps possible avant de redescendre vers la vallée et puis la mer. Et bien, c’est sans compter sur la météo. On annonce deux jours de pluie et orage avec même alerte orange. Donc, on est descendu tout de suite dans le froid et la pluie. Entre deux trouées de nuages, nous avons essayé de faire des photos. Ma Dodo garde le sourire malgré le froid et la pluie. C’est vraiment dommage pour le ciel bleu et les photos mais ce sont les aléas de la nature et de la météo. Après 30 km nous arrêtons sous un abri, espèce de snack ouvert mais vide pour nous abriter de la pluie qui s’intensifie. Sans bouger, il fait vite froid ! Après 30 minutes, le propriétaire corse évidemment arrive pour ouvrir son « snack ». Il faut dire qu’il n’y a pas de village pendant 45 km donc pas de concurrence non plus. On a longtemps discuté avec lui, expliqué notre voyage et puis il nous a offert le café, la myrrhe (alcool maison peu officiel) et du fromage (les vieux morceaux qui pourrissent avec du vinaigre). Bref, on est resté 2h30 chez lui et on s’est échangé les adresses. Super bon moment alors qu’on craignait de se faire engueuler parce qu’on avait ouvert la barrière pour se mettre à l’abri de la pluie. Personnellement, j’aurais bien planté la tente dans ses cailloux pour prolonger ce bon moment authentique et chaleureux (humainement car météorologiquement on était percés en repartant !). 10 km plus loin, on fait un nouvel arrêt, cette fois-ci c’est un marchand ambulant de fruits et légumes, mais que du local. Il nous expliqué la différence entre les mandarines corses et espagnoles, que les fruits corses allaient être exportés dans 15 jours sur le continent (entendez la France). On s’est bien arrêté aussi un bon moment en attendant une grosse averse et avons encore partagé un super moment. Ils sont super chaleureux ces corses. Bon, c’est vrai qu’en tant que cyclos-randonneurs sous la pluie, on fait l’admiration et on reçoit les encouragements de tous. A Aléria, nous rejoignons la mer et prenons vite un thé pour nous réchauffer. Allez ! Comme on ne sait pas ce que nous réserve demain, on avance encore un peu pour avoir une sécurité de météo et de vent. Et bien, c’est 30 km encore sous la pluie ! Tous les corses le disent, vous n’avez pas de chance, dimanche il y avait 28°c et ce matin pluie et 7°c. Il ne pleut plus depuis 4 mois ici et bien, quand on est là c’est alerte orange pour les orages. Et bien, on est trempés ! On va faire tout sécher à l’hôtel et dodo tôt ! On s’endort avec les vues magnifiques des paysages dans nos têtes car les photos ne rendront jamais la vue que nous avions. Vendredi 14 octobre 2016 – Travo - Figari Il a plu toute la nuit ! L’hôtelier nous encourage et confirme que nous n’avons pas de chance avec la météo. Jamais il ne pleut 2 jours de suite dans le sud de la Corse. Allez, c’est pas ça qui nous arrêtera. Il annonce 25°c aujourd’hui alors on sera juste mouillés. La stratégie dans ce cas, c’est de s’habiller le moins possible pour sécher vite après chaque orage/averse. Donc un maillot cycliste haut et bas suffisent. Avec cette belle température 25°c, on ne va pas se plaindre. Après 40 km, on est dans l’orage, un terrible ! Même les camions qui nous éclaboussent en nous dépassant ne nous affectent même plus. On est trempés de la tête aux pieds. Juste avant Porto Vecchio, l’orage a été intense mais aucun village pour s’arrêter ou se mettre à l’abri. Dodo s’est changée complètement au restaurant mais moi pas, je préfère sécher avec la chaleur de mon corps (sauf les chaussettes !). Le sentiment quand on roule dans de telles conditions est fort car on n’a rien pour se protéger et pire « s’arrêter » peut entraîner le froid et même la tremblote alors il faut rouler en attendant que ça s’arrête. C’est vrai qu’au début, on met son bras pour indiquer qu’on évite les grandes flaques d’eau. Ici, comme le sol est dur et sec, l’eau de pluie ne pénètre pas. Alors, l’orage intense, ça fait tout de suite des inondations. Il n’y a pas de piste cyclable en Corse mais les voitures sont assez respectueuses, surtout sous l’orage. Je ne sais toujours pas comment je vais faire pour mon deuxième vélo. En effet, j’ai pris un billet d’avion et la housse pour ramener le vélo accompagnant dans l’avion vu que je roulerai seul pour la Sardaigne, la Sicile et le sud de l’Italie. C’était trop compliqué de le conduire à Rome avec le ferry alors hop ! dans l’avion. Par contre, pour le mien, je n’ai pas de warm-shower dans le sud de la Corse alors il faudra improviser quelque chose. J’ai déjà réservé un bed & breakfast dans un village proche de l’aéroport pour favoriser les chances de solution. J’ai tenté par e-mail de demander si le stockage des vélos était en sécurité mais, au vu de la réponse, ce sera dehors L. Depuis Porto Vecchio, le vent est de face mais il ne pleut plus. Dodo préfère encore mieux la pluie au vent ! Allez ! Courage ! Il reste 23 km ! Ils sont longs pour elle, le vent ne faiblit pas. Le relief nous surprend à chaque virage. Une petite pause pour Dodo. Un peu de sucre et hop ! Suis ma roue et mets-toi à l’abri du vent ! Mon rétroviseur me permet de la surveiller pour qu’elle reste bien collée et protégée du vent. Je décompte les virages pour elle, l’encourage. Je n’ose plus lui dire que ça va être plat ! Encore 5 km ! Ouf, ici, c’est vraiment plat. Elle savoure. Voilà, la semaine est finie, il fait 25°c, sec et le vent tombe. Il est temps de rentrer et de laisser aux corses une bonne météo. On repart demain et la météo sera bonne … pour eux. Nous, ce sera 11°c et pluie. Tout compte fait, la Belgique, c’est plus facile au niveau météo J. Dès mon arrivée au B&B, je demande pour stocker mon vélo jusqu’à mon retour. Aïe, je sens bien que malgré mes stratégies, elle ne veut pas ! Bon, après la douche, je propose d’aller se promener dans ce petit village de 180 habitants et de forcer le destin. Viens Dodo, on va vers l’église, je le sens bien. Une dame arrive avec sa voiture, il est déjà 18h30 (presque nuit). Elle sort ses poubelles. Je me lance : « Madame, bonjour, vous habitez ici « à l’année »? Ah ! J Nous sommes belges et cyclo-voyageurs qui voudrions faire une pause dans notre voyage autour de l’Europe. » Dodo n’en revient pas elle a dit oui et nous propose même de nous conduire à l’aéroport demain matin. Comme quoi, il faut y croire, il faut oser, faire confiance aux gens et, en le demandant gentiment, tout est possible. Samedi 15 octobre 2016 –Figari Comme prévu alors, nous nettoyons mon vélo pour le stocker chez notre gentille madame (Sylvie) qui a mon vélo dans son salon pour l’hiver en guise de sapin de Noël. Je lui ai dit qu’elle pouvait même le décorer avec une guirlande et boules mais qu’elle doit m’envoyer une photo. Nous avons de la chance de tomber sur Sylvie. Elle travaille à Figari et y est originaire. Elle devrait déménager cet hiver et mon vélo aussi. Le second vélo est tout démonté et emballé dans sa housse. Finalement, tout s’est super bien mis car Sylvie nous a conduits à l’aéroport de Figari avec le vélo démonté. Nous quittons cette Corse à la météo corsée mais fin prêts à reprendre mon voyage solo pour la Sardaigne (dès que les horaires des traversées des ferries 2017 seront disponibles sur internet car en basse saison, il semble ne pas avoir tant de possibilités.) Pour la deuxième fois, je finis la semaine avec Dominique, mon amoureuse et cette fois-ci, elle a super bien géré avec des reliefs et une météo pas toujours évidente. Je suis très fier d’elle. « Mon petit mot … Voyager avec Philippe, c’est oser un certain dépassement de soi, c’est oser aller dans sa zone d’inconfort comme il me le répète si souvent. Oser braver le vent, la pluie « corse », les dénivelés, les nuits insolites aussi !! Mais c’est surtout vivres de belles rencontres, elles ne sont que de passage mais tellement authentiques. C’est se dire que les relations humaines sont un réel réservoir de bonheur, c’est meilleur qu’un resto ! Les paysages en Corse sont grandioses, la nature y a tous ses droits. J’y retournerai, un goût de trop peu. Merci à toi Phil de me faire vivre tout cela. Dodo.

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Étape 19 - Turin (Italie) à Savone, puis Bastia (Corse) à Figari avec Dominique - octobre 2016

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ETAPE 18 : Mulhouse (France) – Turin (Italie) du 11 septembre au 16 septembre 2016 – avec Sébastien La météo s’annonce exceptionnelle, un véritable été indien. Des températures de 25 à 28°c à la mi-septembre. C’est Sébastien qui m’accompagne pour cette étape de montagne avec la traversée des Alpes par le col du Grand Saint-Bernard. Selon la météo, on aura 12°c à 2.500 mètres, donc super. On démarrera tôt mais comme on perd 0,6°c par 100 mètres d’altitude, vous imaginez la température en plaine. Même si l’étape est un peu plus courte, elle a été divisé par deux pour cause de congé de Séb, cette étape est aux multiples pays : France, Allemagne, Suisse et Italie. Pour les langues, on commence en français en Alsace, longtemps en allemand pour le petit bout d’Allemagne et surtout la Suisse, puis re-français avec le Valais Suisse pour finir en italien sur Aoste et Piemonte. Quelle richesse culturelle ! Bon, alors, avec Seb, on se met directement à l’italien car on n’y connait rien. Je connais 100 mots classiques en allemand et en espagnol, de quoi largement survivre à vélo. Pour l’italien, Seb a emmené un guide pratique et on se fait réciter avec les fous rires qui vont avec. En fait, la règle est simple, on met « o » à la fin et « i » pour les pluriels. On pense aux films sur la mafia italienne, on appuie l’avant-dernière syllabe, on parle fort et on fait des gestes. La base est là, on peut aller en Italie ! Dimanche 11 septembre 2016 – Mulhouse (France) – Oensingen (Suisse) Avant de prendre le train à Luxembourg à 07h23, le 10 septembre, nous avons préparé et fait l’entretien du vélo de Dominique et de Sébastien. Effectivement, après Sébastien, c’est Dominique qui prendra la relève à Turin pour la Corse et puis la Sardaigne, alors elle veut l’entretenir et le graisser. Sébastien prend le vélo dans le TGV pour Mulhouse (donc doit l’emballer dans la bâche de 90 cm sur 120). Et bien on démonte tout pour arriver à rentrer dans la bâche TGV : pédales, garde-boue, roues, porte-bagages, bagage, sac de guidon. Bon il nous faut déjà une heure à la sortie du TGV chez Thierry et Annie (nos warm-showers en Alsace) pour remonter le tout. Et pourtant Thierry est venu avec une Citroën C2 et tout est rentré dans la voiture. Après tout cela, la petite photo d’adieu, on part vers 12h30, on a 90 km à faire avec cette chaleur ! Heureusement, c’est dimanche ! Sacrée date, 11 septembre ! Le soir au journal, on a revu les images d’il y a 15 ans !! Tout le monde se souvient de ce qu’il faisait le 11 septembre 2001. Quelle horreur ! On quitte l’Alsace par le Rhin en entrant sur l’Allemagne. Il y a plein de vélos, plein de familles. Ce dimanche, la météo est magnifique. L’entrée sur la Suisse par Bâle est très simple par les pistes cyclables. J’ai déjà traversé de multiples fois Bâle en voiture, mais c’est la première fois à vélo, et là, la ville est bien plus belle, plus calme. Les bâtiments y sont modernes, les pistes cyclables nombreuses, il y a énormément de barbecues et de maillots. Ca donne toute une autre vision d’une ville. Aujourd’hui, nous avons juste un col à passer mais à 600 m pour basculer vers le Jura. On met bien 30 km pour quitter la ville et trouver des champs pentus, les vaches avec les cloches. Les routes sont impeccables et les pistes cyclables nombreuses mais pas toujours super bien indiquées. Nous dormons dans un petit village en B&B. Je me surprends de comprendre tout ce qu’elle dit mais je trouve qu’elle parle doucement et qu’elle articule très bien. Décidément, avec mon année d’allemand 1heure/semaine mais donné en anglais quand j’étais à l’école à Anvers … je n’ai pas appris grand-chose mais c’est plus mes traversées à vélo de l’Allemagne qui m’ont appris. Déjà c’est beaucoup plus marrant et agréable de vivre la langue, de lire les publicités le long des routes, de deviner le mot selon le contexte (et donc de le retenir) plutôt que de devoir étudier une liste de vocabulaire français/allemand. Après notre souper, nous récitons avec Sébastien l’italien mais dans le lit pour être certains de ne plus avoir de crampes dans les côtes. Belle animation de la soirée avec des délires linguistiques. Lundi 12 septembre 2016 – Oensingen – Bulle (Suisse) Comme dit Séb, on s’endort assez souple mais « qu’est-ce qu’on se réveille courbaturé ! ». Les muscles se refroidissent et les jambes deviennent raides. Normalement on doit faire une journée cool selon bikemap.net (site autrichien) c’est 76 km, comme on est 5 km plus loin, ça devrait être un bon 70 km. Et bien après 31 km, le GPS google n’est pas d’accord et il nous dit qu’il reste 63 km. Résultat de la journée : 107 km en GPS (montre) de Seb. On suit les pistes cyclables mais quand même. Bon, d’une journée cool, c’était une bonne journée avec plus de 1000 D+. Les paysages deviennent de plus en plus alpins, de plus en plus abrupts. Les vallées se dessinent, nos routes s’enfoncent au fur et à mesure des virages, chaque tournant est une surprise, tous différents. La chaleur est toujours très présente mais quel plaisir ces pistes cyclables dans un site naturel si beau. Tout à l’heure, il n’y avait pas de piste cyclable et nous étions sur la route. Après une cuvette, la côte (+/- 10% mais courte … 1 km) nous a calmé mais très sagement, mètre après mètre, on avance. Comme il n’y avait pas de piste cyclable, les camions ne savaient pas nous dépasser donc restaient derrière nous. Ils ont commencé à former un bouchon. Bon, à un moment, dans un tournant, je m’arrête pour laisser passer mais Seb ne le sait pas. Donc quand je re-démarré, j’ai formé un deuxième bouchon. J’étais mort de rire car il y avait plus de 30 voitures derrière moi et quand je regardais en haut, un deuxième bouchon … avec Seb qui n’allait pas plus vite que moi. Résultat, mon bouchon gonflait autant que le sien et nos bouchons se sont rejoints. Ah ! C’est comme au Tour de France dans les étapes de montagne mais ici, ce ne sont pas les spectateurs mais les bouchons derrière les vélos. Ils sont quand même patients derrière nous. Enfin, les voitures pourraient dépasser mais pas les camions quand ils sont chargés, ils prennent trop de temps pour se relancer. C’est un peu comme nous dans les carrefours, on prend du temps pour démarrer et reprendre notre vitesse. Quand on a repris notre vitesse, on voit déjà le carrefour suivant et … merde il est vert … donc le temps d’arriver, il devient rouge. Résultat, il faut anticiper mais relancer le vélo avec les bagages, c’est le plus pénible. Nous sommes passés à Fribourg toute à l’heure et nous prenons la direction sud (vers le bas de la carte pour les novices J) puisqu’on va vers l’Italie. C’est vraiment à Fribourg que les reliefs deviennent plus montagnards. Bon, demain on redescend vers Vevey et puis Montreux donc dans une autre vallée. Dans la montée après Fribourg, comme Seb a pris une bière à la pause, il a eu un peu difficile. Au premier gros tournant, donc en montée, il m’a dit : « C’était la première et la dernière bière. » J’étais mort de rire, alors, tout de suite après, il complète en disant : « Bon, ça monte costaud alors distance de sécurité pour éviter les crampes dans les cuisses. » Pour ceux qui l’auraient oublié, l’année dernière avec Seb dans le nord de l’Espagne vers Saint-Jacques, on avait tellement chaud et oui, en plus on buvait de la bière (pas mal de bière), que quand on avait des fous rires en parlant espagnol entre nous, on attrapait des crampes car le sang des cuisses partait en une fraction de seconde dans les abdominaux pour contracter les muscles du rire et … bardaf ! C’est la crampe instantanée dans les cuisses et donc arrêt immédiat en pleine montée. Donc, cette année, malgré notre apprentissage de l’italien, pas de montée à moins de 100 mètres l’un de l’autre pour éviter les risques de fous rires et de crampes en montée. La fin de journée était presque dans le noir, on a dû allumer les feux rouges ! C’était long et surtout montant. On ne fait pas du tout la même moyenne sur une journée. Matin : facile donc 19 km/heure, après-midi difficile donc 16 km/heure de moyenne. Je pense que la montée du col du Grand-Saint-Bernard à la frontière italienne va passer la moyenne à 6km/heure, voir 4km/heure par moment. Allez, à chaque jour suffit sa peine et son plaisir. Ce soir, dodo tôt car il faut récupérer ! Mardi 13 septembre 2016 – Bulle – Martigny (100% suisse) Grande nouvelle ! J’ai reçu enfin une réponse positive du warm-shower à Turin. Je suis soulagé car c’est dans deux jours et nous devons stocker les vélos pour 3 semaines. Première fois que je suis si juste pour trouver une solution à 48 heures de notre arrivée à destination et pas question de laisser les vélos en dehors d’un endroit sûr. J’avais déjà eu des problèmes pour trouver à Bâle et pour finir, je m’étais rabattu chez Thierry et Annie de France en pensant que ce serait plus facile qu’en allemand. C’était un choix gagnant car d’abord ils sont super charmants et en plus j’y ai rencontré Pieter et sa femme (d’Autriche). J’aurai des amis aux 4 coins de l’Europe et des invitations partout. Pieter m’a impressionné par la qualité de son site web (même s’il est web-designer). Il fait plus de photos de paysages et de son vélo. Moi j’alterne les trois profondeurs de plans (rapproché, paysage et plan moyen). C’est vrai que les gros plans parfois insolites donnent super bien. Bon, je n’ai pas de mérite car c’est Alex et Olivier Polet (un de mes clients) qui m’ont coaché pour mes photos. Je les trouve bien mieux maintenant qu’au début d’ailleurs. C’est comme le magazine, le numéro 2 vient de sortir (on est bien en retard d’ailleurs) mais le numéro 2 est plus diversifié, plus complet, plus original : 120 pages sans publicité et le tout pour 10 EUR, allez Madame, ce n’est pas cher ! Bon, 10 EUR il faut encore que l’on trouve une solution pour imprimer pas cher car pour l’instant il nous coûte 15 EUR pièce (rien que le coût d’impression sans compter le port et le temps de Nathalie pour la mise en page …). Nous quittons Bulle, donc sud de Fribourg bien plus haut à 800 mètres d’altitude. Le programme d’aujourd’hui est réellement plus léger : on a 30 km jusque Vevey plat et puis descente. Bon le plat suisse n’est pas le plat hollandais, il fait quand même bien suer avec ses 29 °c (3ème jour ! incroyable à la mi-septembre). La descente sur Vevey nous fait un petit crochet mais est magnifique sur le lac Léman. Petite pause à Vevey, touristique mais rien à voir avec Montreux, riches touristes fortunés et plein de tunnes. Montreux est beaucoup plus BCBG que Vevey, casino, grand hôtel, que des grandes marques. Et puis tout le monde connait le festival du rire de Montreux. Ensuite, c’est tout le long du lac vers le sud en direction de Monthey. Ah ! Une ville que je connais bien, surtout l’hôpital et son hélicoptère avec mon accident de VTT de descente en juin 2013. Direction ensuite vers Martigny, toujours en longeant le Rhône et les pistes cyclables mal indiquées. Nous arrivons chez Adrien. Enfin je devrais dire la maman d’Adrien. C’est un peu comme la maman Lambert, elle est aux petits soins pour nous et se retrouve embarquée comme warm-shower de son fils qui est en Inde parti faire tour du monde en travaillant par internet. Le « citoyen du monde » comme dit sa maman. Je vois bien ma maman faire la même chose que la sienne, elles sont les mêmes. Elles ne font pas de vélo mais se coupent en quatre pour les gens sympas et les voyageurs à vélo, les cyclo-voyageurs ils sont tous sympas. C’est simplement l’accueil qui les intéresse. Elle parle de l’expérience de son fils dont elle est si fière : une maman tout simplement ! Mercredi 14 septembre 2016 – Martigny – Aoste (Italie) C’est la grosse journée de la semaine, 2.050 mètres D+ et tant en montées qu’en descentes. On décide d’être prudents et de partir vers 8h00. Enfin, le temps de discuter avec Brigitte, notre maman warm-shower de Martigny, on part réellement à 08h45. On part cool, très cool pour assurer. Le début n’est pas très raide, comme tous les cools mais on met quand même 4 heures pour faire 30km. Il nous reste 13 km pour le col mais avec les petits arrêts, les photos, les récups, … on met 03h00 pour faire 13 km entre 10 et 11% en permanence. Les bagages se font lourds mais avec Seb gère bien et tous les km passent assez bien. Nous sommes surpris nous-mêmes. Bon, cette fois, on l’a fait sérieusement : pas de bière, partis tôt, on ne se fait plus rire l’un l’autre et – pire - les bons passages où l’on est l’un derrière l’autre, on ne parle pas, comme par respect pour la montée (et un peu peur de se faire rire). Il a fallu la séparation du tunnel du Grand Saint-Bernard pour avoir beaucoup moins de voitures. Quelle chance avec la météo, à la mi-septembre, on avait 8°c au col. Parfois il neige en juillet à 2.569 mètres, à l’hospice du col du Grand-Saint-Bernard. Il y a un musée du chien ici au col. C’est tout un symbole car l’hospice reste un âtre de secours pour les accidents en hiver car la route est bloquée tant du côté italien que suisse. On a mis 7 heures pour monter, et 1 h à peine pour descendre sur Aoste. Quel bonheur ! Ces paysages, ces lacets, pas ou peu de voitures dans un environnement à 2.500 mètres d’altitude. Nous sommes passés rapidement à la chapelle de l’hospice, tout un symbole pour moi car j’y suis déjà passé en 2009 pour ma formation du club alpin pour être guide de moyenne montagne (niveau 2). Maintenant que nous sommes en Italie, c’est une autre culture, plus théâtrale. Petite anecdote : je réserve via booking.com pour loger à Turin. Beaucoup moins cher qu’en Suisse évidemment. En fait, c’est une dame qui loue son appartement au numéro 11 dans un bloc mais qui porte le n° 11A alors qu’il n’y a pas de 11. Personne ne connait alors à force de chercher partout, je téléphone au numéro de booking.com, une italienne me répond tout en italien et moi tout en français, mais je crois qu’on se comprend. Elle me dit 10 x « subito » (donc « tout de suite »). Après 15 minutes d’attente dans la rue, les nuages arrivent et surtout la nuit, je re-téléphone. Elle répond et me dit « subito cinque minuti ». Donc pour elle, immédiatement c’est minimum 20’. Après bien 10’, je me décide (il fait noir) à prendre une autre réservation sur booking.com et juste avant que je ne l’explique à Seb … elle arrive. En fait, elle nettoyait son appartement pour nous tout simplement. Comme quoi, la culture rend les choses bien relatives. Jeudi 15 septembre 2016 – Aosta – Torino (Italie) Avec tous les changements de programme et d’avion, on savait que cette dernière journée de vélo serait difficile par sa longueur. Après le col hier on regarde la météo et ben merdo ! (notre traduction italienne de « merde ») : pluie importante jusque 14h00 pour faire 148 km car notre warm-shower de Turin est à 25 km au sud de Turin. Oui, entretemps, j’ai trouvé à Turin chez Pietro mais comme personne n’avait un garage en ville près de l’aéroport ou de la gare, vu les réponses négatives, j’ai élargi mes recherches au sens propre en m’écartant de la ville et c’est seulement à 25 km du centre-ville que nous avons la seule réponse positive pour stocker les vélos pendant trois semaines. Alors en combinant la météo, la longueur et Pietro encore 25 km plus loin, on décide de prendre le train et franchement, ce ne sont pas les jambes qui s’en plaignent. Bon on fait quand même 35 km mais c’était suffisant. Alors, les italiens au volant … c’est un mixte de chez nous et des marocains. Pour le klaxon, c’est le Maroc. Pour les feux rouges (au Maroc il n’y en avait pas où j’étais), c’est simplement n’importe quoi ! Personne ne les respectent alors moi je m’adapte … je suis devenu italien aussi dans les carrefours. Bon je trouve quand même que les routes ne sont pas très adaptées. Tout à l’heure dans le train, on a pris à la gare 2 tickets pour nous et 2 tickets pour les vélos. La contrôleuse nous a mis une amende de 50 EUR parce qu’on n’a pas composté les billets et normalement c’est 4x50 EUR d’amende. Il faut imaginer le ticket du vélo est de 2,75 EUR mais l’absence de compostage qu’on ignorait et que personne ne nous a indiqué, c’est 50 EUR d’amende. Ils sont fous ces italiens et nous on est fâchés de leurs bêtes règles. Le train, c’est un vrai cinéma. 3 autres personnes ont eu une amende pour absence de billet. Ils crient, ils lèvent les bras et comme nous, ils paient ! Enfin il y a 4 contrôleurs pour 2 wagons. Bonjour l’Italie ! Bon, même Pietro - qui travaille aux chemins de fer - était désolé pour nous et nous a même conseillé de demander le remboursement à la gare centrale de Turin. Comme on avait le temps, on a essayé mais … rien. On a quand même essayé. Pietro nous a laissé son 2ème appartement (d’hiver) avec Seb et on y est comme des rois : 80 m2 au cœur du village. C’est sûr qu’avec Dominique, on repassera une nuit ici avant de prendre la direction de la Corse en octobre. Vendredi 16 septembre 2016 – Poirino (sud de Torino) Le village de Pietro est au sud de la ville de Turin et il nous faut 45’ de bus pour rejoindre le centre, 4 arrêts de métro pour prendre le bus de l’aéroport aussi à 45’. Bref, encore une journée dans les attentes et liaisons mais c’est une journée de repos pour les jambes. C’est aussi l’occasion de repasser la semaine dans la tête, de retravailler les photos, les trier, prendre les informations pour l’étape suivante tant que je suis en place et écrire avant que tous les souvenirs ne se dispersent. Il est vrai que la préparation de l’étape et l’après-étape représentent aussi du plaisir et une grosse partie de mon temps. Le fait de rouler une semaine sur 4 me permet de mieux préparer et d’avoir plus de temps. J’accélère l’été avec les congés de juillet-août mais je ralentis en janvier-février car les journées sont vraiment courtes. Après 15 mois, j’ajuste et je fais en grosses lignes la suite pour 2017-2018. Le fait de ne pas avoir de date de fin est un réel plaisir, tout comme le fait d’aller à mon rythme. Ce n’est pas toujours facile de combiner les congés de l’un, les souhaits de pays/région de l’autre, et tous les facteurs extérieurs mais comme j’aime organiser et mettre en place la logistique, on surfe et Nathalie tient aussi l’équilibre avec l’agenda du bureau. Elle est aussi bien active pour l’après-étape : elle remet en version électronique mon carnet manuscrit et fait la composition des magazines. J’adore aussi l’après-étape car c’est là qu’on construit à long terme les souvenirs. En avançant dans la vie, on se rattache à ses souvenirs mais la mémoire est double : réelle et reconstruite. Plus le temps passe et plus la mémoire réelle s’efface, un peu comme un ordinateur qui manque de place et qui met en mémoire tampon. De cette mémoire réelle, on garde les moments forts. Ils sont donc devenus du passé au moment du souvenir qui lui est le présent (mais qui sera passé dans le futur). Donc, l’érosion de cette mémoire va vite et se limite à de grosses émotions. Tant positives que négatives. Pour que cette mémoire réelle soit nombreuse, il faut vivre des moments forts, marquants. Pour la mémoire construite, il s’agit de l’enrobage ; ce que le cerveau va embellir pour les bons souvenirs réels et de moins en moins réels au fur et à mesure du temps. Pour les souffrances, les frustrations, les colères, c’est la même chose mais dans l’autre sens. Le cerveau refait le souvenir en partant de l’émotion « exagérée ». Les liens entre la mémoire réelle sont de plus en plus artificiels et imaginés par notre volonté de ressenti en quittant la vérité. Tout ça pour expliquer qu’en relisant mes carnets de route d’il y a 20 ans, j’ai fait ressurgir des éléments de ma mémoire réelle. Cela m’a en plus rempli d’émotions. C’est là que j’ai décidé de faire un voyage mais particulier, singulier, original qui allait être la source de mes souvenirs futurs que je voudrais le plus proche possible de la réalité. Quand je relis le magazine n°2 qui vient de sortir mais sur les étapes d’il y a un an, c’est fou le plaisir que ça me procure par cette remise à niveau de la réalité. L’écrit reste, la photo est la vérité, la réalité a un moment précis.

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Etape 18 - Mulhouse (France) à Turin (Italie) via la Suisse avec Sébastien - septembre 2016

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ETAPE 17 : Vance - Mulhouse du 31 août au 03 septembre 2016 – seul C’est une étape qui - à la base - devait avoir lieu avec la suivante, donc avec Sébastien mais, par manque de congé à l’administration, mon géomètre préféré n’a pas pu avoir ce jour qui lui manquait. Pas facile l’administration en 2016. Effectivement, comme je pars de Vance, je gagne déjà un jour de déplacement pour retrouver mon vélo. Bon, on a étudié les plans B et même C et D, et la conclusion était que j’avance seul jusqu’à la frontière Suisse. C’est un tronçon que je connais bien car nous l’avons déjà fait en 2011 avec Pierre pour aller au Liechtenstein en passant par la Forêt Noire. Donc l’objectif est de faire différent de 2011. Je pars donc par le Luxembourg et évite absolument Bouzonville et la Moselle si triste à traverser. Mercredi 31 août 2016 – Vance – Sarrebruck (Allemagne) Mon choix de parcours est donc de longer la frontière allemande (plein est) et donc après le Luxembourg (encore une fois) je vais rejoindre la Sarre si proche et si peu connue. Pour mon vélo, je suis un peu déçu car j’aurais voulu le mettre à l’entretien comme il était à la maison mais trop peu de jours pour le garage alors je repars sans entretien. Il faut absolument que je change les deux pneus car les coutures sont à vif avec le soleil et la toile est très visible par endroit. Bon, ils sont commandés, je les changerai lors de mon prochain voyage. C’est seulement vers 10h00 que je pars après avoir re-fait toutes mes sacoches car avec l’étape avec les enfants, toutes mes affaires étaient mélangées dans une logique plus « groupe » qu’individuelle. Comme je pars tard, je vais au plus direct car en plus les grands routes ne me dérangent pas du tout. Je dirais même que souvent, c’est l’occasion d’avoir une piste cyclable ou une voie de bus (au Luxembourg) qui est autorisée pour les vélos. Donc direction Arlon, Steinfort, Mamer et Luxembourg-ville. En oui, Arlon en été, c’est aussi très beau avec sa place, son char, ses fleurs, son église Saint-Martin. Et moi, je suis déjà en mode vélo, cyclo-voyageur donc j’ai le temps et je savoure. Passé Luxembourg-ville, je suis Sandweiler et Schengen. Ah ! Schengen ! Peu de gens savent où est ce petit village sur la Moselle enfin perché sur la Moselle. C’est tout un symbole Schengen. Ce petit village où les accords de Schengen ont permis la libre circulation de ses résidents. Evidemment, les anglais n’ont pas signé. C’est d’ailleurs la principale raison du Brexit actuel et donc de la sortie de l’Angleterre de l’UE. L’Angleterre et non du Royaume-Uni car l’Ecosse va et veut rester dans l’UE. Les gallois attendent de voir les écossais se révolutionner et donc prendre leur indépendance (ils suivront ensuite) et l’Irlande du Nord ne peut envisager de mettre une frontière entre Irlande et Irlande du Nord pour « bloquer les sales immigrants ! » Ces anglais ! Ils ont envahi la moitié du monde, décidé pour eux, imposé par la force leur religion et leur langue mais vous restez chez vous. Ne venez pas toucher à ma belle pelouse toute carrée. Il faudrait qu’ils se réveillent, nous sommes en 2016 ! plus à l’époque coloniale ! Pas facile les relations diplomatiques, surtout avec des anglais . Bon ici je suis sur la frontière allemande par Remich, je quitte la vallée de la Moselle et ses vignes, donc je monte sous le soleil vers l’est pour changer de vallée, la Sarre. Je suis donc dans le Sarreland, un « länder » du sud de l’Allemagne. C’est à partir de Mettlach que je suis vraiment la rivière, beaucoup plus charmante que je ne l’imaginais. C’est un peu comme la Sûre pour les bois mais comme la Moselle pour le dénivelé et la largeur de la rivière. Alors ici je suis parti pour la série des Sarre : Sarrelouis, Sarrebruck, Sarreguemines. Et oui, 60 km le long de cette rivière très jolie. Il y a beaucoup de vélos. Tous les styles : professionnels qui rentrent du boulot, pêcheurs, touristes, couples, familles, seuls. Je suis surpris par le nombre de vélos électriques, au moins 1/3. Bon, il est vrai que je suis aussi étonné par le nombre de personnes corpulentes … enfin disons-le : grosses ! Tout à l’heure un VTTiste immatriculé (donc 45 km/heure électrique) m’a dépassé deux fois (car il s’est arrêté). C’était impressionnant ! Bon il est gros mais c’est plus un vélomoteur qu’un vélo. Il pousse du (trop) long braquet mais file incroyable. Je suis resté sur place. La deuxième fois, il redémarrait ! Impressionnant ! Comme un vélomoteur mais électrique, super rapide pour atteindre les 45km/h. En arrivant à Sarrebruck, les sidérurgies apparaissent, bassin industriel de l’Allemagne. Il y en a encore beaucoup en activité. L’Allemagne reste un pays qui se bat contre l’Asie. Bon il n’y a pas de salaire minimum ici donc beaucoup de personnes gagnent entre 600 à 800 EUR/mois. C’est en train de changer donc leurs industries ne résisteront pas longtemps à la concurrence chinoise si ce n’est qu’ils ont une très grande qualité d’organisation et de rigueur. Dernièrement, un client me disait que la rigueur allemande les empêche d’avoir de la souplesse et donc de s’adapter. On a effectivement toujours les avantages de ses inconvénients et vice-versa. Le pauvre était chef de clinique avec des belges, des français et des allemands au Luxembourg. Pas toujours facile de composer avec ces cultures si différentes. Je dors à Sarrebruck avec un final difficile pour moi car j’ai eu trop chaud et je manque d’eau. 138 km avec 650 m D+. Demain plus calme mais encore plus chaud. Restaurant : pomme de terre ! Ben oui, je suis en Allemagne ! Jeudi 1er septembre 2016 – Sarrebruck (Allemagne) – Haguenau (France) C’est avec une superbe météo que je continue cette étape vers Mulhouse. Selon la météo, le mois d’août 2016 a été le plus chaud depuis 1949. Il est vrai qu’hier, j’ai eu un coup de soif et j’ai manqué d’eau, j’ai même bu mon ½ de réserve auquel je ne touche jamais en principe mais il n’y avait pas de village vu que je longeais la Sarre pendant les 50 à 60 derniers km. Aujourd’hui, on ne m’y reprendra plus. Enfin, je suis super content car sur une nuit avec douche d’eau froide sur les muscles, étirements pendant 20 minutes et des huiles essentielles pour décontracter, le tout avec une grande nuit de sommeil, j’ai super bien récupéré. Bon, avec tout ça, j’ai quand même fort changé ma façon de boire et de manger : je ne bois plus d’alcool, j’évite les sucres et les produits laitiers. Je n’ai rien supprimé mais dans la mesure du possible je supprime mais quand il n’y a que ça, évidemment, il faut quand même manger pour avoir du carburant. Ah oui ! J’ai supprimé totalement le café aussi. Bon tout ça c’est sur conseils, je n’ai rien inventé. Le kiné/ostéopathe me fait aussi beaucoup de bien après chaque étape pour récupérer complètement. C’est vrai que tout ça a changé depuis un an avec Sébastien où chaque pause était arrosée d’un litre de bière avec la chaleur de 38°c dans le nord de l’Espagne en août 2015. Bon ici, il fait quand même 32°c donc pour un premier septembre, c’est exceptionnel ! Surtout que je n’ai pas encore migré fort vers le sud. Bon, c’est vrai qu’après l’Ecosse et ses 13° en juillet, ça fait du bien. Aujourd’hui, je suis assez cool : 95 km seul sous une très bonne météo avec 650 D+. Je traverse le parc naturel des Vosges du nord et je suis à l’ombre, donc pas de risque de coup de chaud. Quelles belles petites routes (sans circulation) qui longent les ruisseaux et les vallées. Ici les Vosges du nord sont moins hautes que les Vosges de Gérardmer mais ce sont les bosses qui y sont plus nombreuses. Cela culmine entre 200 mètres dans les fonds de vallées pour des « buttes » entre 400 et 600 mètres. J’ai fait une pause de presque 02h00 (de 11h00 à 13h00) à Sarreguemines. J’étais en terrasse et un algérien est venu prendre son café près de moi et puis ce sont tous ses copains qui sont venus. Ils m’ont posé plein de questions sur mon voyage, j’ai donné ma carte de visite, on a parlé du Maroc, de l’Algérie … bref de la France J. C’était super sympa mais il fallait bien repartir. La ville d’Haguenau a un beau piétonnier très agréable et toutes les terrasses sont remplies avec ce 28°c à 19h00. Mon pneu s’est déchiré sur presque 10 cm de long, toile usée par le soleil et les frottements. Je dansais la lambada avec ce pneu alors pour ne pas éclater en pleine descente dans un virage, je l’ai remplaçé dans un garage à vélo à Haguenau bien sympathique. Encore une carte de visite, ça facilite les contacts. C’est vrai qu’en français, c’est plus facile aussi. Vendredi 02 septembre 2016 – Haguenau – Mulhouse 134 km au programme avec encore une météo un peu plus chaude. Tout plat et 85% de canaux pour les péniches. Une partie de cette journée correspond à ce qu’on avait fait avec Pierre en juillet 2011 en amont de Strasbourg vers Offenbourg avant la Forêt Noire. Je passe après 30 km à Strasbourg, ville européenne, où le vélo est bien présent depuis de longues années. Bordeaux s’est inspirée de Strasbourg et est devenue la ville préférée des français. C’est vrai que Paris est devenu horrible pour circuler. Rien n’est adapté aux vélos contrairement à Strasbourg et Bordeaux. Pour une belle et agréable ville, il faut deux éléments essentiels : adaptée aux vélos et des étudiants. Les deux rendent la ville plus dynamique, plus silencieuse, plus propre, plus aérée, moins agressive. Même si le canal du Rhône au Rhin est arboré, il est mortellement droit, linéaire et monotone. OK au final, c’est 140 km donc pas de changement de direction et à l’ombre. Dommage que je n’avais pas deux jours de plus pour faire les Hautes Vosges avec sa route des Crêtes. 19h30, j’arrive chez mes warm-showers : Thierry et Annie. Ils sont un mix de Caen (Thierry et Martine) et de ceux d’Edimbourg. Thierry et Annie sont écolos engagés (docteur en physique et chimie, professeur d’université et chercheur en économie d’énergie pour la gestion collective entre autres). Passionnés de voyages, de rencontres, d’histoire, de musées. Pieter et sa compagne sont un couple d’autrichiens également warm-showers. Dans les 40 ans, ils reviennent du nord de la Norvège vers l’Autriche (3 mois). Super sportifs, ils ont un parcours hors norme. Leur site est super professionnel www.welove2.bike. Bon il est web-designer indépendant donc il a les idées et les connaissances. Par rapport à mon site et Facebook, je suis un amateur. Chacun son domaine. Ils ont fait des voyages extraordinaires (Taiwan, Oman). Leur qualité de photo est nickel. Nous n’avons pas le même matériel non plus. Bon, je resterai dans la cour des amateurs. Prochaine étape, les Alpes avec Sébastien en espérant une bonne météo pour passer le col du Grand Saint-Bernard à 2.500 m.

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ETAPE 16 : Luxembourg du 11 au 16 août 2016 – en boucle et en famille C’est une étape très particulière dans un endroit très particulier et avec des personnes très particulières. Et oui ! De nombreuses personnes m’ont souvent demandé si je roulerais avec un de mes grands garçons. Alors, pas facile d’intégrer toute la famille en tenant compte des contraintes de chacun. Bon, on fait le maximum pour tenir compte de tout et nous sommes 7 pour faire cette étape. A la base, c’est en Hollande que nous devions rouler pour faire une étape plate, facile et vraiment adaptée aux vélos. Je me suis même fait membre des amis du vélo (« Vrienden op de fiets ») mais les difficultés de trouver un logement différent pour 7 personnes m’ont poussé à étudier un plan B. Je ne voulais pas de tente, car sinon il faut des mousses, des sacs de couchage et trop de matériel. Alors c’est naturellement que mon plan B s’est orienté vers le Luxembourg en auberge de jeunesse. Faisons le tour de la famille pour présenter les 7 personnes : Dominique et moi, Arnaud (17 ans – fils de Dominique), Maxence (13 ans – ami et invité de Victor) et mes 3 enfants (Arthur 15 ans, Victor 13 et Madou 8 ans). En tenant compte de tout ce monde, il faut des vélos adaptés. Mon choix se tourne vers 3 vélos de voyage avec les sacoches, un vélo de récupération pour les fatigués (VTT ordinaire) et un tandem avec une canne pour Madou car elle n’a que 8 ans. Un petit test avant de partir et tout le monde est excité. Effectivement, c’est pour le moins original et nous ne passons pas inaperçu dans les villages. Le Luxembourg, c’est un choix du cœur car les pistes cyclables y sont nombreuses et de très bonne qualité. Les auberges de jeunesse c’est tout logique car pour une grande famille, ce n’est pas un problème car les chambres sont souvent de 4 à 8 personnes. Bon ! On a l’équipe, le pays et les logements. Il reste la météo et le parcours. J’ai attendu les derniers jours pour les deux pour être certain que les enfants gardent un super souvenir de leur premier voyage à vélo. Je suis ému de voir comme ils sont tous fiers de rouler avec mes beaux vélos de voyage, avec mes sacoches. Ca y est Victor s’est trouvé une vocation. Arthur est épaté par la qualité du vélo même s’il est très lourd. Ils sont dans mon voyage, fini les photos sur Facebook, c’est eux qui sont au guidon et avec un sourire que je garderai gravé dans ma mémoire. Pour Madou, c’est génial, elle chante, elle sourit, elle parle tout le temps. Un vrai rayon de soleil. Comme on fait une boucle, j’ai prévu 5 jours mais vu la belle météo qui se confirme, j’ai réservé les auberges de jeunesse pour 6 jours. Tous les ingrédients sont là pour un premier voyage à vélo en famille : magnifique, une sacrée étape ! Le parcours, ah ! C’est mon jardin le Luxembourg. Depuis 1997, j’organise des séjours VTT, rando, trail, kayak au Luxembourg. Il me faut un symbole. Notre boucle démarre donc de Grass, mon adresse de résidence et mon bureau principal. C’est donc sur la frontière belgo-luxembourgeoise que nous partons pour notre premier jour vers Luxembourg-ville. Jeudi 11 août 2016 – Grass – Luxembourg-ville Ce sera le moins bon jour au niveau de la météo mais ce n’est pas si humide que prévu même si la température ne dépasse pas les 15°. Tout le monde est excité du départ, les sacoches sont un peu mélangées entre les personnes et les vélos mais nous nous améliorerons au fur et à mesure des jours. Le tandem-canne est un convoi et la direction est parfois difficile mais heureusement sans bagage. J’ai presque la larme à l’œil de voir Victor sur mon vélo avec mes sacoches, il est comme un poisson dans l’eau. Il se découvre une âme d’aventurier du haut de ses 13 ans. J’espère qu’il tiendra le coup musculairement car c’est un petit gabarit mais je vois qu’il veut que je sois fier de lui et c’est le cas. Ce premier jour (après-midi) est vraiment le « warm-up » avec 24 km mais idéal pour la mise en jambes et les différents réglages de tous ces nouveaux chauffeurs/ cyclo-voyageurs. Nous prenons la piste cyclable pour Bertrange et la ville et la pluie est au rendez-vous mais bien loin de quoi calmer une équipe si motivée. Après un petit tour dans les parcs de la ville, passage obligé à la Place d’Armes pour un chocolat chaud pour certains ou une crêpe pour d’autres. L’auberge de jeunesse de Luxembourg-ville est une auberge très grande, plus de 200 lits avec une réception 24h/24. C’est vraiment un carrefour de randonneurs, cyclistes des 4 coins de l’Europe, très représentatif de Luxembourg-ville. Vendredi 12 août 2016 –Luxembourg-ville - Lultzhausen C’est la plus longue étape, 60 km pour faire le crochet via Steinfort. Notre départ est au sec et le premier objectif est de rejoindre l’ascenseur. Et oui, il y a un ascenseur pour relier le haut de la ville via Clausen. Notre sortie de la ville est très agréable et quel plaisir de voir mes garçons prendre du plaisir avec les vélos et les bagages. Je suis impressionné de les voir être si fiers de rouler avec mes vélos de voyage et en plus pas n’importe lesquels. Arnaud roule avec le Diamond Run qui a été au Portugal et puis est remonté en Ecosse, c’est l’ancien de Pierre. Il est en 28 pouces et assez haut, très confortable. Arthur roule avec mon tout nouveau Koga 2016 en 25 pouces et boîte de vitesses Pignon 18.0 sans dérailleur et sans chaîne mais courroie. Ils ont tous des bagages et ont vraiment la silhouette de cyclo-voyageurs. Arthur – costaud - a un profil massif comme son vélo qui fait 19 kg. Il est en super fier (et moi encore plus). Il ne roule pas trop vite et apprécie le paysage. Comme son caractère, il est posé, rassurant, pas stressé, bref un profiteur et jouisseur de la vie qui a confiance en lui (sans en avoir de trop). Victor roule sur le vélo officiel de son papa, mon 26’ Koga Word Traveller s’il-vous-plaît. Il est le seul à avoir les 4 sacoches + un sac de guidon pour son petit gabarit. Avec la selle un peu plus basse le 26’ lui colle très bien. Bon, avec son caractère parfois impulsif, il lui arrive de faire des accélérations mais j’ai peur qu’il attrape des crampes à la fin de la journée. Il fait à peine 40 kg tout mouillé alors il doit se ménager. Après 20 km, on décide de faire une tournante et Arthur prend le VTT de Maxence. On n’aurait pas dû… Dérailleur mal réglé… Arthur a poussé le dérailleur dans les rayons ! Et bien ! Là, il est cassé et irréparable. Plan B : je sors la corde (le matériel à 2 ou à 7 comme organisateur n’est pas le même) et je tire le VTT de Maxence en roues libres. Bon, je récapitule : je conduis le VTT tandem avec Dominique, Madou est attachée en vélo-canne sur le tandem, pédale en arrière (et de temps en temps en avant). Je tiens la corde de la main gauche et tire Maxence qui n’a plus de dérailleur avec la chaîne qui pend et doit pencher le VTT pour éviter que le dérailleur ne rentre dans les rayons. Bon OK, si le téléphone sonne, je dois m’arrêter et je ne fais plus de photos … Heureusement, c’est plat pendant 5 km et on retrouvera un vélo de remplacement à Grass. Là-dessus Arnaud en profite pour demander pour rentrer avec le vélo de remplacement. Bon, c’est clair qu’à 17 ans c’est peut-être autre chose comme vacances qu’il aurait voulu que les auberges de jeunesse luxembourgeoises d’autant plus que son copain qui devait venir a annulé juste avant le départ. Bon, il reste à Chantemelle avec mon mulet, mon ancien vélo avec lequel je roulais à Namur et Anvers durant mes études et que j’ai encore utilisé à Arlon et au Luxembourg. Il a plus de 30 ans ce vélo, que de souvenirs. Bon avec tout ça, on n’est pas à l’avance sur notre longue étape et on l’a même rallongée. Direction Steinfort et piste cyclable jusqu’à Rambrouch (au-dessus de Martelange). Tout le monde est en forme et roule très bien. Victor en a assez et ne veut plus s’arrêter pour aller piquer une tête dans le lac. Quel courage pour son gabarit, enfin, il est têtu. Je me demande de qui il tient ça … (humour !). Les 8 derniers km sont sur la grand-route pour descendre sur l’auberge de Lultzhausen, sur le lac de la Haute Sûre. On a failli perdre Victor dans le village avant car il n’est pas très prudent dans les descentes. Par contre, Arthur adore les descentes. Nous y voilà et ils auront bien mérité leur plongeon et leur douche. Je retrouve mon cuisinier que je connais depuis 11 ans. Quel sourire et quel bonheur ! Samedi 13 août 2016 –Lultzhausen – Repos et kayak Ah ! Aujourd’hui c’est repos car l’étape d’hier était longue pour les enfants. Enfin repos, pas tout à fait : le matin on fait du kayak et l’après-midi les enfants nagent au lac (plongeon de la passerelle) pendant que Dominique et moi faisons une petit balade en forêt. L’auberge de jeunesse de Lultzhausen est en quelque sorte une classe bleue pour les luxembourgeois. Les classes viennent en vacances avec leur école au centre aquatique. Les activités sont diverses : planche à voile, laser cup, plongée, kayak. Tout ça autour de l’eau, de ce lac artificiel de 1973 je pense. Ce lac représente la réserve d’eau potable pour le Luxembourg. En dormant à l’auberge de jeunesse, on peut avoir des kayaks pour des prix réduits de 7 EUR pour une demi-journée. Les enfants étaient déjà venus avec moi pour une organisation que j’avais faite avec mon club d’orientation (le B.A.B.A.). Ils se souvenaient des sauts des rochers alors Arthur et Victor voulaient absolument y retourner. Chacun leur kayak et Madou avec nous en canoë. Avec Dom on est partis. Arthur a sauté de 10 mètres de haut et Victor de 8 mètres. Incroyable et impressionnant ! Personnellement, je ne le ferais pas ou plutôt plus. Le soir, barbecue bien garni à l’auberge et une bonne nuit pour se préparer pour demain, à nouveau une longue étape. Dimanche 14 août 2016 –Lultzhausen – Larochette Après une journée de repos (pour les jambes), toute la famille est prête à reprendre du collier ou plutôt du guidon. On cherche à longer le plus possible les vallées mais pas facile dans le nord du Luxembourg, alors on limite le dénivelé. Tout d’abord, c’est par une agréable descente vers Esch-sur-Sûre que nous commençons. Nous continuons à longer la Sûre même si c’est loin d’être le plus court, en tout cas, ce sera le plus facile pour les enfants et pour nous aussi d’ailleurs en tandem et canne car Madou ne nous aide pas tout le temps. Quand je lui demande si elle pédale, elle me dit que « oui ». J’ai oublié de préciser : « Madou, tu pédales en AVANT ? » Là, parfois, elle répond, «Tu ne me l’avais pas demandé !! » L’ambiance est super bonne. Il faut dire qu’il fait super beau, dimanche donc très peu de circulation. Nous avons deux petites bosses avant Ettelbruck. Une bonne glace pour tout le monde, c’est quand même les vacances et puis reprise de la piste cyclable vers Larochette. Ah ! Là, il y a plus de circulation mais nous n’avons pas le choix. C’est à partir de Medernach que l’on retrouve les pistes cyclables. Les enfants sont impressionnés par la qualité des auberges de jeunesse luxembourgeoises. En plus, on a l’impression d’être seuls. Pour changer, on se fait un petit restaurant en terrasse mais déçu, bon, on ne peut pas toujours gagner. Avec Madou et Dominique, nous faisons ensuite une petite balade en forêt sur les sentiers du Mullerthal jusqu’au belvédère. Madou est toujours aussi impressionnante : une vraie pipelette. Elle n’arrête jamais de parler. Que ce soit à vélo ou en marchant, et même en rangeant la table, elle parle, elle parle. Bon, c’est vrai qu’elle est toujours de bonne humeur et qu’elle est un vrai rayon de soleil. OK, pas toujours ! Pas avec ses grands frères, mais là les responsabilités sont partagées. Sans ses frères, Madou est un vrai charme. Allez on va dormir car avec le soleil et la distance, … enfin il faut encore que Madou arrête de parler avant qu’on ne dorme. Lundi 15 août 2016 – Larochette - Beaufort Nous restons dans le Mullerthal et empruntons une partie de la boucle 2 du parcours officiel du Mullerthal trail tour. En fait, la matinée suffira pour traverser ces bois et aller directement à la piscine en plein air de Beaufort au camping. Ben oui, c’est aussi ça que les enfants aiment, rencontrer d’autres jeunes. Enfin, même plutôt des rencontres de l’autre sexe qu’ils aiment. Alors pensez-vous que la langue sera un obstacle pour faire connaissance ? Au Luxembourg, on trouve toutes les langues, alors ils se lancent mais parfois hésitent avant. Parfois un peu plus longtemps et même parfois trop longtemps. C’est hilarant de les voir se motiver les uns les autres. Je devrais les filmer et repasser ça dans 20 ans. Enfin, je suppose qu’on était pareil. Bon, après ces délires, il est temps de rejoindre l’auberge mais … avec le soleil tapant, c’est l’étrier du frein arrière du tandem qui est bloqué. Heureusement que nous ne sommes pas loin. Maxence doit rentrer chez lui ce soir avec son papa. On étudie les alternatives … Bon, on change encore la combinaison des vélos : le tandem repart et je prends le vélo de voyage. On a démarré la semaine à 7 et nous voilà 3 pour finir. Oui, mais pas n’importe lesquels : Arthur, Victor et moi. Après le souper dans cette auberge grand luxe tous ensemble (qui a coûté 12 Moi d’EUR pour 62 lits, mais a aussi une garderie, une piste de bowling, des salles de séminaire, …) nous nous retrouvons donc à 3. Et bien, allons essayer le bowling. A nouveau, on a l’impression d’être les seuls dans l’auberge. Ce n’est que le lendemain au petit déjeuner qu’on rencontrera les autres logeurs. Et bien, c’est sympa de se retrouver entre hommes, père et fils. Surtout pour finir le séjour. Nous sommes tous bien coupés de notre quotidien entre les vacances et déjà bientôt la rentrée scolaire, à la veille des bonnes résolutions. Mardi 16 août 2016 – Beaufort – Grass Toutes les journées sont belles mais celle-ci aussi. Nous ne sommes que nous 3, on partage de belles et longues discussions, parcourons des pistes cyclables parfois à 3 de front. Ce sont des moments délectables. Je sais que même dans un an, mes garçons seront différents. Ce ne seront plus les mêmes sujets de conversation, alors je profite. Oui, je profite aussi de partager ce plaisir si simple que le vélo de voyage, leur faire apprécier d’arriver au-dessus de la côte pour y découvrir l’autre point de vue, leur faire apprécier la transpiration qui part après une douche, leur apprendre à gérer le poids et les choses importantes (mais je sais que je ne peux pas partir sans leur chargeur). J’apprécie la communication et la confiance que l’on construit jour après jour, j’apprécie de leur apprendre le pardon sans la rancune, l’effort et le réconfort, l’ouverture et l’écoute. On fait ce que l’on peut et c’est déjà bien. Mes enfants ne sont pas parfaits, je le sais. Nous ne l’étions pas non plus et c’est chaque jour qu’ils apprennent, tout comme nous encore à notre âge et tout au long de la vie, de nos expériences, de nos erreurs. Le retour sur Grass de notre boucle a été un vrai succès malgré les petits problèmes mécaniques. A refaire l’année prochaine et peut-être individuellement avec Arthur et puis Victor. Maintenant qu’ils y ont goûté, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Il me suffit de trouver des parcours adaptés où Victor pourrait continuer le début de l’étape d’Arthur (faire un échange au milieu de la semaine ou quinzaine) pour profiter encore plus intensément de chacun d’eux. Pour Madou, elle restera en version allégée pour 2017 mais sur le tendeur, sans la canne avec son papa, elle sera au paradis et plus besoin de faire passer les vélos et sacoches par le Luxembourg. Oh ! Que d’idées déjà ! Allez je vais déjà regarder les cartes pour la suite.

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